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le 04 novembre 2010 à 07h56

La Route du Rhum

De retour d'Espagne, Amaury s'est attelé à la préparation de la mise en chantier de son voilier rose. Nettoyage de printemps en plein automne, cela s'appelle l'optimisme ! Le bateau se trouve désormais au sec et au chaud, à Hennebont, avec d'autres minis, prêt pour le chantier d'hiver. Mais ce mois de novembre commence avec un événement nautique majeur, la Route du Rhum ; événement qu'Amaury suit de près. Alors, de retour de Saint Malo où il a assisté au départ, Amaury nous livre ses impressions d'automne. Entre détermination et rêves d'Altantique, la passion demeure. Plus forte que jamais.

Saint Malo, le 31 Octobre 2010. Amaury est là, debout sur les falaises du Cap Fréhel. Devant ses yeux, le frissonnant tableau du départ de la Route du Rhum. 85 voiliers de toutes catégories s'élancent pour une traversée Atlantique de légende. Ultimes, Imoca, Multi50, Class40 et Rhum, cinq catégories vont s'affronter sur le plan d'eau Atlantique, entre Saint Malo et Pointe à Pitre, en Guadeloupe. Peut-être plus d'un milllion de personnes se tient là, admiratifs spectateurs de tout âge, de tout horizon, mais tous ont ce même regard, envoûté. Sur l'eau, peut-être 2000 petites embarcations accompagnent en cortège les puissants voiliers de l'armada. L'eau est zébrée par le sillage blanc de ces passionnés, le spectacle est absolument fascinant. Impérial.
Des familles entières se tiennent là, devant ce show qui n'a lieu que tous les 4 ans. La foule dites-vous ? Peut-être, mais c'est étrange, chacun est seul avec ses rêves, dans ces conditions, la foule ne gêne pas. Des souvenirs pour certains, des vocations pour d'autres, la Route du Rhum raisonne en chacun de manière forte et personnelle. Chacun ses rêves, chacun son ressenti. Frisson pour tous.

Pendant plus de deux heures, Amaury regarde les voiliers s'exprimer, enrouler la bouée de Fréhel. Soutenant certains de ses amis, solitaires engagés sur l'épreuve, il ne peut s'empêcher de se rêver lui aussi, un jour à bord d'une de ces machines pour vivre la mytique traversée. Sur quel support, dans combien de temps.... Aujourd'hui l'essentiel n'est pas là, mais bien dans le profond désir d'y être un jour. Difficile pour un coureur de vivre un départ de course à quai. Silencieux instant où l'émotion, l'ambition et la détermination s'accordent à dire sans mot « un jour, moi aussi... ».

De manière plus pragmatique, l'événement est un bluffant exemple de la force du sponsoring nautique. Des millions de spectateurs, sur place ou devant les écrans, 600 journalistes venus du monde entier, des heures et des heures de direct... dans ces conditions sans encombre, même le foot peut rentrer aux vestiaires. Il fallait entendre le public s'exclamer « oh regarde, la vache qui rit, c'est mon bateau préféré ! » ou encore « Idec rase la falaise, c'est superbe ! » sans peut-être connaître le nom du skipper. Si seulement ce grand départ pouvait inspirer les entreprises à vouloir devenir Sponsors. Si seulement. Si les rêves sont possibles, ils exigent cependant un soutien matériel et financier bien réel.

Un dernier regard vers l'Ouest. Les solitaires disparaissent vers le large. « Bon vent les amis ! » dit alors Amaury, touché de voir que Rémi Beauvais, - qu'Amaury a bien aidé dans la préparation du bateau (jusqu'au carénage de son 40 pieds dans le port de St Malo dans une eau gelée)- a passé la bouée en 3ème position. Parfois concurrents mais toujours amis : « Cela fait toujours plaisir de voir les amis bien marcher ! » expliquait-il. « Maintenant, je vais suivre la course comme beaucoup sur mon ordinateur » explique Amaury qui va cependant garder un œil peut-être un peu plus pro que d'autres : « C'est toujours intéressant de tenter de comprendre les choix tactiques des uns et des autres, de faire tourner des routages pour faire de bons choix de routes, en fonction des phénomènes météo... j'ai moi aussi une Transat à préparer ! »

De retour à Lorient.
Le mois de novembre va se dérouler au ryhtme d'un grand travail de préparation du Mini pour le chantier d'hiver. S'entourer des bons prestataires pour soigner aux petits oignons le mini rose, cela prend un peu de temps. Sans oublier la très prenante recherche de partenaires. Car encore une fois, les plus beaux rêves nécessitent le soutien financier bien réel qui permettra au projet de bénéficier du plus grand professionnalisme. Le mois de novembre sera aussi le mois du petit bilan de fin de saison. Débriefing avec l'entraîneur, retour sur les courses enrichissantes de 2010. Faire le point pour pouvoir mieux se projeter sur la saison 2011. Saison charnière de courses importantes avec toujours un objectif clair : Gagner la Transat 6.50 en série.

Prochain grand rendez-vous, début décembre, avec le Salon Nautique de Paris... qui sera aussi le moment de vivre la remise des prix du Championnat Mini 6.50 2010. Et quelque chose me dit qu'Amaury, qui pratique l'escalade, devrait aussi s'entraîner à monter des escaliers: au Nautic en effet, il devra grimper deux marches, pour recevoir son titre de grand 1er. Promesse tenue à l'issue de sa saison, Amaury est au sommet de sa catégorie.

 

Capucine Trochet

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